L'article 20 de l'AUDCIF impose une centralisation mensuelle des journaux auxiliaires dans un journal général. Beaucoup de PME OHADA l'ignorent. Voici pourquoi c'est dangereux.
Équipe Procura · Mai 2026 · 6 min de lectureL'article 20 de l'AUDCIF (Acte uniforme OHADA relatif au droit comptable et à l'information financière) impose à toute entreprise tenant des journaux auxiliaires de procéder, au moins une fois par mois, à la centralisation des écritures de ces journaux dans un journal général dit Livre-journal ou journal centralisateur (LC).
Cette obligation s'applique aux entreprises soumises au régime du réel, ce qui couvre la quasi-totalité des PME et grandes entreprises de la zone OHADA.
Le non-respect de cet article expose l'entreprise à une présomption d'irrégularité comptable qui peut justifier une taxation d'office en cas de contrôle fiscal.
Le SYSCOHADA recommande six journaux auxiliaires. Le journal des achats (HA) pour les opérations fournisseurs. Le journal des ventes (VE) pour les opérations clients. Le journal de banque (BQ) pour les opérations bancaires. Le journal de caisse (CA) pour les espèces. Le journal des opérations diverses (OD) pour la paie, les amortissements, les provisions. Le journal des à-nouveaux (AN) pour la reprise des soldes en début d'exercice.
Chaque journal auxiliaire enregistre chronologiquement les pièces de son domaine. À la fin du mois, les totaux par compte sont reportés dans le LC (livre-journal général).
Le LC constitue ainsi la preuve unique et auditable de l'activité comptable mensuelle. C'est lui que le commissaire aux comptes ou la DGI consulte en premier.
Conséquence fiscale d'abord. Sans LC mensuel, le contrôleur fiscal peut considérer que la comptabilité n'est pas tenue régulièrement. Cela ouvre une taxation d'office sur les éléments contestés, sans débat contradictoire.
Conséquence d'audit ensuite. Le commissaire aux comptes inclura une réserve dans son opinion. Une réserve sur un AG peut affecter l'obtention de crédits bancaires, la confiance des investisseurs, la cotation auprès d'une centrale des risques.
Conséquence opérationnelle enfin. Sans LC, il devient difficile de reconstituer l'historique d'une transaction. La piste d'audit est rompue.
Dans une PME OHADA typique tenue sous Sage 100, Ciel ou Excel, la centralisation mensuelle est une tâche manuelle réalisée par le comptable en fin de mois.
Elle consiste à totaliser, dans chaque journal auxiliaire, les débits et crédits par numéro de compte, puis à passer une écriture récapitulative dans le journal général. Sur six journaux et un nombre élevé de comptes mouvementés, cette tâche prend entre deux et cinq heures par mois.
C'est une tâche sans valeur ajoutée. Aucune décision n'en sort. Aucun client n'est servi. C'est du pur volet de conformité. Elle est aussi très sujette aux erreurs.
Procura intègre nativement le routine de centralisation mensuelle. Un bouton sur l'écran Clôture du mois Comptia lance le processus en un clic.
Le système crée automatiquement le journal LC s'il n'existe pas. Il consolide les totaux par compte de chaque journal auxiliaire (HA, VE, BQ, CA, OD, AN) sur la période sélectionnée. Il pose une écriture de centralisation par auxiliaire avec un numéro de pièce normalisé (par exemple LC-2026-05-HA pour la centralisation du journal achats de mai 2026).
L'opération est idempotente. Relancer la centralisation pour un mois déjà centralisé ne crée pas de doublon : le système efface les écritures de centralisation précédentes et repose les nouvelles. Cela permet aux experts-comptables de re-centraliser après un ajustement de fin de mois.
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Sources et références