L'IFU est la pierre angulaire de la conformité fiscale en zone OHADA. Un fournisseur sans IFU valide expose toute la chaîne d'achat à un redressement.
Équipe Procura · Mai 2026 · 5 min de lectureL'IFU (Identifiant Fiscal Unique) est le numéro attribué par la Direction Générale des Impôts à chaque contribuable enregistré dans la zone OHADA. Il joue le même rôle que le numéro SIRET en France ou le Tax ID aux États-Unis.
Sa fonction première est l'identification : un fournisseur ou un client est rattaché à son IFU dans tous les systèmes fiscaux du pays. Ce qui permet à la DGI de croiser les déclarations.
Sa fonction secondaire, et la plus importante pour les acheteurs, est la traçabilité de la TVA. Une facture sans IFU valide du fournisseur ne permet pas à l'acheteur de déduire la TVA payée.
Chaque État membre de l'OHADA gère son propre IFU avec son propre format. Bénin : 13 chiffres. Côte d'Ivoire : 11 caractères alphanumériques (CC + NUM). Sénégal : 9 chiffres (NINEA). Cameroun : 14 caractères. Togo : NIF avec 13 chiffres.
Cette diversité oblige toute PME qui achète chez des fournisseurs de plusieurs pays OHADA à connaître les formats acceptés dans chaque juridiction où elle opère.
La validité d'un IFU ne se limite pas au format. Le numéro doit aussi correspondre à un contribuable actif. Un IFU radié, suspendu ou jamais émis ne permet pas la déductibilité.
Premier risque, le rejet de la déduction TVA. Si l'acheteur déduit la TVA sur une facture d'un fournisseur sans IFU valide, la DGI peut redresser cette déduction lors d'un contrôle. Sur des volumes importants, cela peut peser lourd.
Deuxième risque, la solidarité fiscale. Dans certaines juridictions OHADA, l'acheteur peut être déclaré solidairement responsable des impôts non payés par un fournisseur identifié comme non-déclarant.
Troisième risque, la perte de la pièce justificative. Une facture émise par un fournisseur sans IFU n'a pas la valeur probante d'une facture conforme. Elle peut être contestée à l'audit, ce qui crée un risque sur la régularité comptable.
Trois niveaux de vérification. Niveau 1, le format : le numéro respecte-t-il la structure du pays (longueur, alphabet) ? C'est une vérification automatique.
Niveau 2, l'existence : le numéro correspond-il à un contribuable enregistré ? Cette vérification se fait par consultation du registre fiscal du pays. Plusieurs DGI offrent désormais des portails de vérification en ligne (souvent gratuits et publics).
Niveau 3, l'activité : le contribuable est-il à jour de ses obligations fiscales ? Cette information n'est pas toujours publique mais peut être demandée au fournisseur via une attestation fiscale.
Procura demande l'IFU à la création de chaque fiche fournisseur dans le module SRM. Le format est vérifié automatiquement selon le pays déclaré.
Lors de la réception d'une facture, le système contrôle que l'IFU mentionné sur la facture correspond à celui de la fiche fournisseur. Toute divergence déclenche une alerte avant le rapprochement 3-voies.
Pour les achats au-dessus d'un seuil configurable, l'attestation fiscale du fournisseur peut être demandée et attachée à la fiche. La piste d'audit conserve la version utilisée au moment du règlement.
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