Le plan comptable SYSCOHADA Révisé est structuré en 9 classes et applicable depuis le 1er janvier 2018. Voici le mode d'emploi pour ne pas s'y perdre.
Équipe Procura · Mai 2026 · 9 min de lectureLe plan comptable SYSCOHADA est le référentiel des comptes utilisables dans une comptabilité OHADA. Il est défini par l'Acte uniforme relatif au droit comptable et à l'information financière (AUDCIF), révisé en 2017 et applicable depuis le 1er janvier 2018 dans les 17 pays membres de l'OHADA.
Sa raison d'être est la comparabilité. Une PME au Bénin, un grand groupe en Côte d'Ivoire et une PMI au Sénégal utilisent les mêmes comptes pour les mêmes opérations. Cela permet la consolidation, le contrôle fiscal, le reporting groupe et la statistique nationale.
Comprendre la logique des classes permet de saisir n'importe quelle opération sans hésitation et d'éviter les erreurs d'imputation qui plombent un Bilan.
Classe 1 - Ressources durables : capitaux propres (10), emprunts long terme (16), provisions financières (19). Ces comptes mesurent la structure de financement de l'entreprise.
Classe 2 - Actif immobilisé : immobilisations incorporelles (21), corporelles (22 à 24), financières (26 à 28). Les amortissements (28x) et dépréciations (29x) viennent en déduction du brut.
Classe 3 - Stocks : marchandises (31), matières premières (32), en-cours (33-34), produits finis (36), marchandises hors activité ordinaire (38). Évaluation FIFO ou CUMP, dépréciations 39x. L'AUDCIF impose un inventaire physique des stocks à la clôture.
Classe 4 - Tiers : fournisseurs (401), clients (411), État et collectivités (44), personnel (42), Sécurité sociale (43), associés (45), créditeurs et débiteurs divers (46-47). Comptes auxiliaires obligatoires pour chaque tiers significatif.
Les comptes de TVA en classe 44 sont au cœur des PME : 4431 TVA collectée, 4452 TVA déductible sur achats, 4441 TVA due à l'État, 4449 crédit de TVA reportable.
Classe 5 - Trésorerie : banques (52), caisse (57), valeurs à l'encaissement (51). Le SYSCOHADA Révisé a élargi la classe 52 pour permettre le suivi des paiements digitaux et Mobile Money, distinction utile pour les PME africaines. Le numéro de sous-compte exact doit être vérifié dans le texte officiel applicable.
Classe 6 - Charges des activités ordinaires : achats (60), transports (61), services extérieurs (62-63), impôts et taxes (64), autres charges (65), charges de personnel (66), charges financières (67), dotations aux amortissements (68).
Classe 7 - Produits des activités ordinaires : ventes (70), subventions d'exploitation (71), production stockée (72-73), autres produits (75), reprises sur provisions (78), produits financiers (77).
Classe 8 - Hors Activités Ordinaires (HAO) : valeurs comptables des cessions d'immo (81), produits de cessions (82), abandons de créances (83), résultat HAO (84). Cette classe est spécifique au SYSCOHADA et isole les opérations exceptionnelles.
Classe 9 - Comptabilité analytique : centres de coûts, projets, segments d'activité. Optionnelle mais recommandée pour le pilotage interne.
Trois erreurs fréquentes. Première, confondre charges (classe 6) et immobilisations (classe 2) : un ordinateur acheté pour plus de 500 000 FCFA et utilisé sur plus d'un an est une immobilisation, pas une charge.
Deuxième, classer les opérations Mobile Money sur le compte caisse (57) par habitude : la révision SYSCOHADA appelle à les imputer sur un sous-compte dédié de la classe 52 (banques et établissements financiers), pas sur 57.
Troisième, oublier la classe 8 pour les cessions d'immobilisations : le SYSCOHADA isole ces opérations en HAO, contrairement à d'autres référentiels qui les laissent en classe 7. Une cession d'immo passée en 77 plombe la lecture du résultat d'exploitation.
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