La prévision de trésorerie à 13 semaines est l'outil de pilotage incontournable du DAF moderne. Voici la méthode adaptée aux PME OHADA.
Équipe Procura · Mai 2026 · 7 min de lectureLe format 13 semaines (un trimestre) s'est imposé comme standard de la prévision de trésorerie court terme en Europe et en Amérique du Nord, et se généralise progressivement en Afrique francophone.
Sur 13 semaines, on tient à la fois les engagements visibles (BC en cours, factures à payer, dettes fiscales planifiées) et la saisonnalité d'un trimestre. Au-delà, la fiabilité chute fortement parce que les encaissements clients deviennent incertains.
La granularité hebdomadaire est essentielle. Sur la base mensuelle, un pic de trésorerie le 15 du mois passe inaperçu. À la semaine, on voit exactement quelle semaine va être tendue.
Deux approches existent. La méthode indirecte part du résultat net et applique les retraitements (amortissements, variation BFR) pour arriver au cash. C'est ce que produit le Tableau des Flux de Trésorerie annuel (TFT) du SYSCOHADA Révisé.
La méthode directe, plus opérationnelle, recense séparément tous les encaissements (clients, autres) et tous les décaissements (fournisseurs, paie, fisc, banque). C'est celle qui se prête à la prévision à 13 semaines.
Pour une PME OHADA, la méthode directe est plus naturelle parce qu'elle correspond à la réalité opérationnelle vue par le DAF : qui paie quoi, quand, et de quel compte.
Côté encaissements : carnet de commandes clients, factures émises non encaissées, échéanciers de paiement négociés, prévisions commerciales de la force de vente. La balance auxiliaire des comptes 411 (clients) donne le stock de créances dues.
Côté décaissements : factures fournisseurs reçues mais non payées, BC en cours qui généreront des factures, échéanciers de paiement négociés. La balance auxiliaire des comptes 401 (fournisseurs) donne le stock de dettes.
Côté contraintes : échéances fiscales (TVA, IS, IRPP-IUTS, CNSS), échéances bancaires (annuités, intérêts, traites), paie (premier ou dernier jour du mois selon la convention). Le calendrier fiscal du pays détermine ces dates.
Scénario central : encaissements selon les délais contractuels, décaissements selon les conditions négociées. C'est l'attendu si tout se passe comme prévu.
Scénario pessimiste : retard de 15 à 30 jours sur les encaissements clients (un client important qui glisse), maintien des décaissements. Cela teste la résistance de la trésorerie en cas de crise localisée.
Scénario optimiste : encaissements accélérés (relances efficaces, escomptes consentis), décaissements normaux. Cela montre la marge de manœuvre si l'entreprise serre côté clients.
Procura agrège automatiquement les flux à 13 semaines à partir des données déjà saisies. Côté encaissements : factures clients émises avec leur date d'échéance, encaissements partiels enregistrés, abonnements récurrents.
Côté décaissements : BC engagés avec date de livraison prévue, factures fournisseurs reçues avec date d'échéance, paie planifiée, échéances bancaires importées, échéances fiscales par pays.
L'utilisateur ajoute les hypothèses qualitatives (clients en croissance, recouvrement attendu sur un litige) directement dans l'écran. Le tableau de bord met à jour la projection en temps réel et signale chaque semaine en risque.
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