La déductibilité de la TVA d'amont n'est pas automatique. Voici les pièces requises, les pièges fréquents et la manière d'outiller le contrôle.
Équipe Procura · Mai 2026 · 6 min de lectureSous le régime de la TVA applicable dans les États OHADA (chacun ayant son Code Général des Impôts), un assujetti peut déduire la TVA payée sur ses achats de la TVA collectée sur ses ventes. Le résultat net est versé à l'administration fiscale ou crédité au bénéfice du redevable.
Cette déductibilité n'est pas automatique. Elle est subordonnée à des conditions de fond (lien avec l'activité taxable) et de forme (pièces justificatives conformes). Le défaut d'une condition entraîne le rejet par l'administration lors d'un contrôle, avec rappels et pénalités.
La facture du fournisseur doit comporter les mentions obligatoires : identification complète des deux parties (raison sociale, adresse, RCCM, IFU ou NIF), numéro et date de facture, description précise du bien ou service, prix unitaire et quantité, montant hors taxe, taux et montant de TVA, total TTC, mentions légales spécifiques aux régimes en vigueur.
Sans IFU ou NIF du fournisseur, la facture est nulle pour la déductibilité TVA. C'est l'erreur la plus fréquente rencontrée par les commissaires aux comptes en zone OHADA.
Au Bénin, le système MeCEF et en Côte d'Ivoire, la FNE imposent des conditions supplémentaires. La facture émise hors du circuit normalisé ne donne plus droit à déduction TVA, même si elle est par ailleurs conforme sur les mentions obligatoires.
Concrètement, pour un fournisseur béninois soumis à MeCEF ou un fournisseur ivoirien soumis à FNE, vérifier l'identifiant unique ou le QR code FNE est une étape de contrôle obligatoire avant de comptabiliser la facture.
Premier piège : la facture sans IFU/NIF. Deuxième piège : la facture libellée à une entité différente du payeur (factures de groupe). Troisième piège : la facture pour un achat sans lien avec l'activité taxable (cadeaux, dépenses somptuaires). Quatrième piège : la facture proforma ou le devis présenté pour déduire la TVA, ce qui n'est pas autorisé.
Cinquième piège, plus subtil : la facture en devise étrangère mal convertie. Le taux de conversion à utiliser est en général celui du jour de l'opération, défini par la BCEAO ou la BEAC. Une conversion erronée fausse le montant de TVA déductible.
À la réception d'une facture fournisseur, un logiciel achat moderne contrôle automatiquement la présence des mentions obligatoires, vérifie l'IFU/NIF contre la base fournisseur, recalcule la TVA et confronte au montant porté sur la facture, et bloque la comptabilisation en cas d'anomalie.
Procura intègre ces contrôles dans son module Comptia comptabilité, ce qui transforme la TVA d'un sujet de tension permanente avec l'administration en un processus défensif et automatisé.
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Sources et références